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Fromage Peulh - BENIN

fromage peulh

Développement local

Le fromage traditionnel peulh communément appelé Wagashi a amorcé son processus de certification grâce à l’appui du consortium italien pour la recherche sur la filière lait et fromagère (Corfilac). La structure sicilienne a construit dans la commune de Ouassa Pehounco un centre culturel peulh qui fait office de laboratoire d’analyses et de promotion du fromage made-in-Benin.

Cela va permettre à ce fromage d’être vendu dans les hypermarchés du Bénin. C’est peut être une première étape pour ce produit qui demande à être connu. L’Afrique de l’ouest peut constituer un débouché naturel mais un gros travail reste à faire pour développer et faire connaitre le produit en Europe.

Par la même occasion un grand centre culturel a été ouvert dans le Nord du pays, à Ouassa Pehounco. Ce centre majestueusement érigé sous une architecture qui porte les marques du Bénin septentrional fait office de laboratoire de certification de qualité, de conservation et de valorisation du fromage produit par les femmes peulh. Sa construction a coûté la bagatelle de 75 millions de francs CFA, sans les équipements. Les premiers paquets de fromages sortis du centre ont de quoi épater le consommateur de par la qualité du produit fini et surtout celle de l’emballage.

Le choix de Pehounco pour abriter ce joyau n’est pas venu ex nihilo. Dans cette commune, l’élevage passe comme la deuxième activité économique. L’élevage des bovins occupe «environ 832 éleveurs pour un cheptel de 24 730 têtes, soit environ 30 têtes par éleveur. De quoi flatter l’orgueil de Barthélémy Sabi Yoro, maire de Ouassa Pehounco. « L’émotion est à la mesure des sentiments de satisfaction, de joie et de bonheur qui nous animent, et nous manquons de mots pour témoigner notre gratitude », confesse-t-il. Pour le maire, l’avènement du centre est un grand pas franchi dans la transformation du lait naturel dans sa localité. « Le fromage est parmi les produits transformés du lait, le plus important est qu’il est fabriqué pour une meilleure conservation du lait ou pour une amélioration des revenus, car pour les productrices, le fromage se vend mieux que le lait », indique l’autorité locale. Sa majesté Kpessourou, roi de Ouassa Pehounco y est aussi allé de son commentaire : « cette fromagerie est un don de Dieu », affirme la tête couronnée. Mamadou Chabi, président de la chambre d’agriculture renchérit : « Ce centre qui est ouvert amorce un seuil vers l’exportation du fromage peulh au bonheur de la diaspora ».

Améliorer les revenus

Joseph Micitra, Président de Corfilac se dit très satisfait de l’aboutissement d’un processus engagé en 2007. L’ouverture de centre, selon lui, répond à la mission du consortium qu’il dirige, celle de travailler à l’amélioration de la qualité de vie du monde rural où l’homme et la femme trouvent le juste rôle dans un contexte socio-économique fondé sur la solidarité et l’égalité des opportunités. Grégoire Akofodji, le ministre béninois de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche lui a, à cet effet, rendu un hommage mérité. « C’est une contribution très importante à l’opérationnalisation du plan stratégique de relance du secteur agricole. Le Gouvernement a clairement fait le choix de la promotion des filières comme étant son mode d’action prioritaire pour le développement de l’agriculture. Vous avez donc vu juste en vous inscrivant dans le développement de la filière lait », souligne-t-il. Pour le ministre, le soutien du gouvernement au centre sera entier.

fromage Peulh

Préserver l’identité peulh

Au-delà de l’amélioration de l’activité économique, c’est la promotion de la culture peulh qui sous-tend cette initiative. Et pour le roi Kpessourou, c’est un pas de géant franchi dans le brassage des cultures. « Le projet garantit la préservation de l’identité culturelle et traditionnelle de la communauté peulh. Plus que l’identité de la culture peulh, c’est la culture et l’identité du Bénin tout entier qui seront désormais lues à travers Wagashi », complète le ministre Akofodji. Joseph Micitra résume la philosophie de Corfilac : « L’Europe a perdu le sens de la communauté. Ici, on retrouve une dimension humaine de la vie.

Pour nous, le développement ne doit pas effacer les traditions, la dignité et la culture des peulh. Le caractère unique des productions et la diversité culturelle représentent des points forts de l’ethnie peulh que la mondialisation cherche à éliminer pour uniformiser l’humanité et coloniser chaque coin de la planète sur le plan commercial ». Le Sicilien dit avoir été, lors des visites des campements peulh, marqué par le calme olympien de la femme dont la profondeur des yeux traduit un certain espoir. « Chaque pays qui court après le développement doit investir sur son propre gène ». Corfilac vient ainsi d’indiquer la voie, reste aux Béninois d’assurer la relève.

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